Guide sur la Chevrolet Corvette !

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Guide sur la Chevrolet Corvette !

Voiture de caractère à l’allure fière et déterminée, la Corvette reste une légende vivante. Elle continue à faire rêver des générations. Que ce soit les modèles vintages chargés d’histoire ou les nouveaux modèles résolument tournés vers le futur, chaque spécimen est un moyen unique d’avaler le bitume et de vivre une expérience hors du commun à chaque fois que vous êtes derrière le volant.

Naissance d’une légende qui se nome Corvette !

Corvette ? Un nom français pour un pur-sang américain ! Pour connaitre le pourquoi du comment, il faut remonter à Louis Chevrolet, un champion de course cycliste et pilote automobile suisse. Il a fondé la marque américaine avec William C. Durant qui était le fondateur de General Motors. Les exploits Outre-Atlantique de cet originaire de Neuchâtel lui a permis de créer sa propre marque de voitures aux Etats-Unis. C’est donc toute logique que la proposition de Myron Scot, un assistant directeur de la firme, a été accepté quand il propose le nom « Corvette » qu’il a trouvé dans le dictionnaire.

La corvette est née en 1953 dans une circonstance singulière. En voyant le succès des européennes telles que le coupé Jaguar XK, l’Alfa Romeo et la Porsche 356, la marque veut profiter de ce marché porteur de voiture de sport. Elle fait produire en série un modèle calqué sur celui d’un concept car exposé quelques mois auparavant dans le prestigieux salon de l’automobile organisé par General Motors.

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La Corvette C1 (1953 à 1962) : parcours de combattant

La corvette était la première voiture de sport fabriqué par un constructeur américain. Chaque génération porte alors l’initial C suivi d’un chiffre qui détermine justement sa lignée. La toute première C1 est reconnaissable par son devant dodu et ses deux phares globuleux. Elle arbore une couleur polo white et un intérieur rouge. Fait très marquant : la carrosserie est en fibre de verre.

Par rapport aux européennes de la même classe, les premières séries sorties entre 1953 et 1954 sont plutôt modestes sous le capot : moteur six cylindres en ligne avec transmission automatique à deux rapports développant 150 chevaux. Le succès recherché n’était pas au rendez-vous, d’autant plus que le prix était élevé en dépit de ces performances peu réjouissantes. Fin 1954, 2 780 Chevrolet Corvette C1 ont été vendu.

La firme voulait rattraper leur retard en 1955. La Corvette fut alors équipée d’un moteur V8. Elle obtient également quelque relooking : peintures deux tons (en option) et toit rigide démontable. L’innovation continue en 1957, un moteur de 4,6 L prend le relais pour produire 220 chevaux, voire 270 CV avec le carburateur 4 corps. La transmission manuelle à 4 rapports est proposée en option pour ceux qui recherchaient la sensation. En 1962, le moteur V8 de 5,4 L développant 360 chevaux fut introduit. C’est alors que la Corvette de Chevrolet commence à trouver sa place sur le marché.

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La C2 (1963-1967) : le Sting Ray sur le starting-block

L’année 1963 fut la naissance de la Corvette Sting Ray. Elle sort de l’imagination d’un génie, Larry Shinoda sous la supervision de Bill Murray, styliste et vice-président de  Chevrolet. Ce nouveau modèle est doté d’un moteur V8 de 5,3 L produisant 250 chevaux. Les fans pouvaient également commander les roues à flancs blancs pour quelques dollars supplémentaires. On note l’allure particulière de la vitre arrière compartimentée en deux parties.

Voulant séduire les groupes d’amis qui sortent au cinéma ensemble ou qui s’adonnent en road-trip sur la fameuse route 66, Chevrolet voulait une Corvette 4 places. L’idée fut abandonnée au stade de prototype. En 1964, la vitre arrière en deux parties fut délaissée pour la version classique. La production a plus que doublé, passant de 10 000 en 1962 en 22 229 en 1965.

1966 marque un revirement de l’histoire de la Corvette en général et de la C2 en particulier. En effet, un moteur 7 L de 425 chevaux est apparu pour propulser le Sting Ray de 0 à 100 km/h en 4,9 secondes top chrono. 27 720 voitures furent vendues à cette année. Un moteur encore plus puissant (435 chevaux) arrive en 1967.

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La C3 (1968-1982) : de la puissance à la raison

Chevrolet continue à être agressive avec ses Corvette en augmentant d’année en année la puissance de leurs moteurs. L’excès est à son paroxysme avec l’apparition d’une motorisation de grosse cylindrée de 7,4 L. Elle adopte également une allure plus racée avec une carrosserie plus basse et plus large ainsi qu’un aérodynamisme beaucoup plus pénétrant. Même l’orthographe du nom changé de Sting Ray en Stingray. Les amateurs avaient toujours le choix entre le cabriolet et le coupé.

Cet engouement pour les moteurs surpuissants continue jusqu’en 1970 où le moteur L88 peut développer jusqu’à plus de 500 chevaux. Passée cette année, la marque de General Motor a dû se conformer à la nouvelle réglementation. Elle baisse la puissance de ses voitures de manière drastique. A partir de 1973, le pare-choc est désormais en plastique pour pouvoir résister au moins à un choc de 5mph. En 1975, la puissance du moteur a encore chuté avec l’apparition de l’allumage électronique et du catalyseur. L’appellation « sportive » a perdu son sens avec le modèle à 165 CV.

10 ans après la première apparition du C3 et 25 ans après celle de la Corvette C1, la Corvette C3 adopte quelques changements majeurs. C’est la première fois que la voiture dispose  d’une vraie coffre, c’est aussi la première fois que le tableau de bord intègre une boîte à gant. En 1980, un lifting très sérieux permet d’alléger la Corvette de 90 kg : châssis, différentiel et même vitre y passèrent. 1982 fut marqué par le lancement de la « Collector Edition » qui se démarque notamment par la coffre accessible de l’extérieur. La C3 est aussi celle qui a eu la plus longue carrière (14 ans) avant la sortie d’une nouvelle génération.

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La C4 (1984-1996) : un nouveau style qui s’impose

1983 était censé être une année particulière puisque c’est la 30ème anniversaire de la Corvette. 40 prototypes ont été conçus cette année-là dont aucun n’a été vendu au public. Il faut donc attendre 1984 pour voir un nouveau style qui a su s’imposer. La puissance du moteur augmente peu à peu, de 1984 à 1992, des motorisations de 205 à 250 chevaux sont disponibles. De 1993 à 1996, les modèles de série sont équipés d’un moteur LT1 de 300 CV.

La Chevrolet Corvette C4 est quelque peu paradoxale. Elle se vendait bien, elle détient la deuxième place de la production de corvette, mais elle intéresse peu les collectionneurs actuels. Même si elle est vue comme une très belle voiture à sa sortie, elle est victime de ces errements stylistiques de fins 1980 – débuts 1990 auxquels tout le monde ne veut plus revenir.

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La C5 (1997-2004) : un design qui n’a plus rien à envier

Avec la Corvette C5, la marque entame la modernisation de ses bijoux. Les formes de base sont toujours respectées (long capot, derrière courte, 4 feux arrières séparées, etc.) mais la voiture adopte une toute nouvelle allure plus racée, plus chic et résolument très sportive. Ici, les quatre sorties d’échappements centrales ont trouvés tous leurs sens. Dans l’habitacle, tout a été pensé pour offrir une expérience inédite au conducteur et à son unique passager : équipement audio Hifi, climatisation automatique, régulateur de vitesse, baquets sport réglable électriquement, etc.

Sous le capot, un nouveau bloc moteur entièrement en aluminium dénommé LS1 fait son apparition. La cylindrée a connu un léger lifting, passant de 5,7 L à 5,6L sans trop faire mal aux chevaux qui grimpent à 344. A ce stade, la Chevrolet Corvette C5 atteint le 0 à 100 km/h en 5,6 secondes et peut rouler jusqu’à 272 km/h. Parmi les plus prisées de la série, il y a la corvette Z51 qui vaut l’expérience.

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La C6 (2005-2013) : le début d’une ère nouvelle

Au début des années 2000, quand on parle de « sportive américaine », tout le monde ne pense qu’à deux voitures : la Chevrolet Corvette et la Ford Mustang. Avec la C6, la Corvette revient en puissance, au sens propre comme au figuré. Sa motorisation est de type 8 cylindres en V à 16 soupapes avec une injection séquentielle SFI. La cylindrée atteint presque 6 L (5,97). L’apogée est atteint en 2012 avec la motorisation V8 de 7 L (du déjà vu mais en mieux). De la version sport, la C6.R conquiert les pistes et remportes des titres aussi prestigieuses comme le 24 Heures du Mans.

Avec un Cx de seulement 0,28,  la Corvette C6 est la plus aérodynamique de la lignée jamais produite jusque-là. Sa partie arrière adopte une coupe ciselée, une prise d’air est ajoutée sur chaque flanc et les jantes passent de 18 pouces à l’avant et 19 à l’arrière. Le système d’ouverture sans clé de la portière rajoute un peu de fun à tout ça. La Corvette fait désormais partie des supercars.

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La C7 (2014 à ce jour) : une performance acquise

Cette lignée, développée en même temps que la voiture de course C7.R est parée d’une performance hors du commun. Le moteur de 6,2L suralimenté développe alors 625 chevaux. Le 0 à 100 km/h est atteint en seulement 3,4 secondes. Les pilotes de ce bolide sont particulièrement gâtés avec le choix entre la boîte manuelle à 7 vitesses ou la boîte automatique à 8 rapports.

La Corvette C7 est plus compacte que jamais, qu’il s’agit du coupé ou du cabriolet. Elle est plus courte que sa rivale M6 de chez BMW et de la GT-R de chez Nissan. Son habitacle est au top avec le choix entre 3 coloris pour les siège-baquets sport, l’écran couleur HD, le système audio assuré par 9 enceintes Bose et un tableau de bord en fibre de carbone. La Corvette adopte un nouveau standard pour faire rêver davantage les générations.